1 150 exposants présentent à Stuttgart l'ensemble du processus d'usinage
L'AMB maintient le cap sur un marché incertain
L'AMB 2026 parviendra-t-elle à échapper à la tendance au recul des salons ? L'organisateur Messe Stuttgart a une nouvelle fois réussi à remplir les dix halls du parc des expositions. Cela suscite l'optimisme. L'engagement du marché envers le salon, dont le nouveau sous-titre est « Where metal comes alive », est bien présent, concluent les chefs de projet Julian Reime et Romy Arnold.
« Mitte im Markt », tel est le slogan utilisé par Messe Stuttgart. À juste titre pour un salon dédié à l’usinage comme l’AMB, qui rassemble aussi bien de grands groupes automobiles (Mercedes, Porsche, Audi) que des constructeurs de machines (comme Grob, Chiron, Hermle, etc.) et leurs milliers de sous-traitants dans l’arrière-pays immédiat du parc des expositions, niché entre l’A8 et l’aéroport de Stuttgart. La gare où le train à grande vitesse doit s’arrêter n’est toujours pas prête, après des années de planification. Selon les dernières estimations, elle sera mise en service en 2030, après quoi il faudra encore quelques années avant que la liaison ne soit pleinement intégrée au réseau ferroviaire régional.
L'industrie mécanique allemande sous pression
Stuttgart 21 symbolise peut-être ce qui ne va pas dans l’économie allemande et surtout dans l’industrie. Celle-ci est sous pression depuis des années pour plusieurs raisons, parmi lesquelles les coûts énergétiques élevés et la bureaucratie sont souvent cités. L’industrie allemande de la construction mécanique a dû céder sa place de premier exportateur et producteur mondial à la Chine (part de marché de la Chine : 35,8 %, part de marché de l’Allemagne : 12,5 %, Japon : 10 %).
Ce pays est désormais également le plus grand consommateur de machines-outils au monde, comme l’a souligné Markus Heering, directeur de la VDW, lors de la conférence de presse « Press Preview AMB 2026 ». L’Europe est actuellement le principal marché pour les constructeurs de machines allemands ; les deux tiers de la production y sont vendus. Mais la « Standort Deutschland » est sous pression, ce qui se reflète également dans les investissements des constructeurs de machines, a déclaré le dirigeant de la VDW. Un quart de la production des constructeurs de machines allemands est actuellement réalisée hors d’Allemagne ; dont 45 % en Europe et 32 % en Chine. « Ces derniers temps, on réfléchit très sérieusement à l’opportunité de continuer à s’implanter en Chine », a ajouté M. Heering à propos de ce dernier pays.
Stabilisation, puis croissance
La VDW table cette année sur une très légère baisse du chiffre d’affaires et de la production. Une légère croissance devrait ensuite intervenir l’année prochaine. « Car nous constatons cette année une légère croissance des prises de commandes », explique M. Heering. Le chiffre d’affaires perdu dans l’industrie automobile n’est toutefois pas si facile à compenser. Il y a dix ans, ce secteur représentait encore la moitié du chiffre d’affaires des constructeurs de machines-outils ; aujourd’hui, il n’en représente plus que 22,8 %. Markus Heering ne se prononce pas sur l’ampleur que prendra la reprise. Celle-ci prendra plus de temps. Et le secteur devra nouer des partenariats dans les domaines de l’IA et de la numérisation pour faire face à la concurrence.
Outre l’offre des exposants, des présentations quotidiennes animées par des experts sont organisées sur le stand de la VDMA
Salon européen
Dans un tel contexte de marché, on peut sans hésiter parler d’optimisme, comme l’a déclaré Roland Bleinroth, directeur de Messe Stuttgart. En septembre, 1 150 exposants occuperont les dix halls du parc des expositions (120 000 m²), contre 1 200 lors de la précédente édition. Le nombre d’exposants étrangers augmente légèrement : 31 % contre 30 % en 2024. Et par rapport à l’EMO de l’année dernière, les visiteurs y trouveront beaucoup moins d’exposants chinois.
« Si l’IA générative se trompe, c’est ennuyeux, mais lors de la programmation d’une machine CNC, l’erreur coûte cher »
La Chine occupe la quatrième place, derrière l’Allemagne (763), la Suisse (79) et l’Italie (55), en termes de pays d’origine des exposants (41 exposants chinois). La Belgique compte 3 exposants (Barco, ExxonMobil Petroleum & Chemical et RoboJob) et les Pays-Bas 12. L’AMB confirme ainsi son caractère européen. Combiné notamment à la bonne accessibilité et à la taille compacte du parc des expositions, cela rend l’AMB particulièrement attrayant pour les visiteurs du Benelux.
Nouveaux volets au programme du salon
Cette année, les organisateurs du salon ajoutent plusieurs nouveautés au programme. Le deuxième jour, un événement spécial consacré à l’IA dans la production sera organisé en collaboration avec le groupe de travail « Logiciels » de la VDMA.
Parmi les thèmes abordés figureront notamment les jumeaux numériques, l’ingénierie assistée par l’IA et les systèmes MES. Le thème de l’« intelligence artificielle » a été évoqué par plusieurs exposants lors de l’avant-première presse, dans le prolongement de la numérisation de l’industrie de l’usinage. Selon Schunk, le principal levier pour accroître la productivité dans l’usinage réside en effet dans le processus et dans les activités entre les différentes étapes de celui-ci. « La productivité ne résulte pas d’une nouvelle machine, mais de l’interaction entre toutes les étapes du processus et de la synergie qui en découle. »
Mais il faut bien connaître les limites de l’IA, estime-t-on chez Open Mind Technologies. « Si l’IA générative se trompe, c’est ennuyeux, mais lors de la programmation d’une machine CNC, l’erreur coûte cher », explique le développeur d’hyperMill. C’est pourquoi l’entreprise montre au salon comment les connaissances des programmeurs et des opérateurs peuvent être consignées afin d’être mieux exploitées dans de nouveaux projets. Chez Siemens, le stand de l’AMB aborde également la question de savoir comment l’IA peut soutenir la production. Cela est démontré en direct.
Aperçu complet
L’AMB offre une vue d’ensemble de l’ensemble du flux de travail d’usinage. Il ne s’agit pas seulement de machines et d’automatisation, mais aussi d’outils et de technologies de mesure. Ce qui distingue ce salon des autres ces dernières années, c’est la forte présence des fabricants d’outils de précision.
La VDMA Präzisionswerkzeuge et la VDMA Mess- und Prüftechnik sont les moteurs de ce volet. Markus Heseding, directeur de la VDMA Präzisionswerkzeuge, a en fait brossé un tableau similaire à celui de son collègue de la VDW : la production recule, notamment en raison de la baisse de la demande dans l’industrie automobile et dans l’industrie des machines ; 51 % de la production reste dans l’Union européenne ; si l’on ajoute le reste de l’Europe, cela représente les deux tiers de l’activité.
M. Heseding a lancé un avertissement clair concernant la forte hausse des prix de l’APT, le prix du marché du tungstène. En peu de temps, celui-ci a été multiplié par dix et, entre-temps, le tungstène menace de se raréfier. Une raison suffisante pour que la VDMA plaide en faveur d’un renforcement du recyclage et d’une interdiction d’exporter les déchets de carbure hors de l’UE. Plusieurs exposants s’y emploient déjà activement. Ceratizit, par exemple, recycle déjà 81 % de tout le carbure. Le fabricant d’outils affirme pouvoir produire sans recourir aux matières premières chinoises, ce qui garantit la sécurité et la stabilité des approvisionnements. Gühring en est encore à 40 %, mais souhaite rapidement augmenter ce chiffre grâce au programme « Gühring Tool Circle », qui lui a valu le TechniShow Innovation Award en début d’année. Selon le fabricant d’outils, la fiabilité des processus ne dépend pas uniquement des pièces à usiner, mais aussi du recyclage des matières premières.
Les deux associations professionnelles de la VDMA organisent chaque jour, du mardi au vendredi, le Forum technologique dans le cadre du salon AMB. Au programme : des présentations sur des thèmes tels que la production rentable, les matières premières, la résilience et la durabilité, l’assurance qualité, la numérisation, l’IA et l’automatisation, ainsi que l’usinage de matériaux difficiles à usiner. Les présentations auront lieu sur le stand de la VDMA dans le hall 1.
Autres nouveautés
De nos jours, la défense est présente à tous les salons. L’AMB 2026 s’inscrit également dans la tendance à la hausse des dépenses de défense en Europe. Le mercredi 16 septembre et le vendredi 18 septembre, la VDMA organise un programme de conférences intitulé « Defence & Security Opportunities ». La question centrale sera de savoir comment l’industrie de l’usinage peut passer rapidement et de manière fiable de la production à l’unité à la production en série pour les applications de défense. À l’issue des conférences, une visite guidée des exposants du secteur de la défense sera proposée. L’inscription à cette partie du programme est obligatoire.
Une nouveauté cette année : l’AMB Night, qui débutera d’ailleurs dès la fin de l’après-midi. L’AMB Night aura lieu le vendredi 18 septembre à partir de 18 h et, comme l’a annoncé Julian Reime, directeur du salon, elle a pour but d’animer davantage le salon dès le vendredi après-midi. Ce jour-là, les visiteurs recevront un billet supplémentaire leur permettant de participer à l’événement. Bière et grillades (barbecue) comprises.
Et le samedi, les organisateurs proposent un rallye parents-enfants au salon. Les enfants qui visitent le salon avec leurs parents peuvent suivre un parcours et récupérer, sur différents stands, des pièces pour un camion Fischer Technik. S’ils suivent l’intégralité du parcours, ils pourront ensuite assembler le camion ensemble.
Informations pratiques
L’AMB 2026 se tiendra du 15 au 19 septembre à la Messe Stuttgart. Sur le site web, il est possible de télécharger une application intégrant le catalogue du salon ainsi que le programme complet. Plus d’informations : www.messe-stuttgart.de/amb